
Au cours d'une petite sortie shopping, je suis tombé en arrêt devant la scène suivante, immortalisée dans l'instant grâce à mon téléphone :
On peut pratiquement trouver "le visage de Dieu" des frères Bogdanov au rayon religion, à côté de "la Torah pour les nuls"! En dépit du titre du livre, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un fait exprès, plutôt d'une coïncidence ; il se trouve que le présentoir des livres mis en avant dans la catégorie "sciences" jouxte un étal de livres "religions". Au passage, il faut noter qu'à la Fnac les "sciences" (sous-entendu : "dures") sont une subdivision des "sciences humaines"... ça donne à réfléchir, non? Après tout, il n'existe pas de science qui ne soit le produit de la pensée humaine!
Le hasard qui a placé ce livre en ce lieu précis n'est pas complètement vide de sens : si "le visage de Dieu" traite de cosmologie, du Big Bang et des origines de l'univers, il n'est pas non plus dépourvu de considérations mystiques qui confinent au créationnisme. Je me suis par exemple penché sur le passage traitant du hasard (qui ne pourrait pas en être un) de l'ajustement précis des constantes physiques qui permet la vie, un vieux classique du dessein intelligent. Pour une critique plus globale de l'ouvrage, je vous renvoie au blog de David Larousserie, qui annonce la couleur avec "l'imposture Bogdanov".
En somme, peut-être le hasard de l'arrangement des livres à la Fnac compense-t-il le constat d'Olivier Brosseau dans Rue89, qui manifestement regrette qu'une "position spiritualiste soit présentée comme de la science auprès d'un large public".
Grâce aux savantes suggestions d'Amazon et d'un article dont je n'ai plus souvenir, je me suis procuré ce livre intitulé "le gingembre est aphrodisiaque et autres idées reçues sur l'alimentation", attiré que je suis par les mythes relatifs à la santé, qui trop souvent se cachent derrière le "bon sens". Je vous propose donc une rapide fiche de lecture de cet ouvrage.
Tout d'abord, et c'est quand même l'essentiel, j'ai été tout heureux d'apprendre de nouvelles choses et d'abandonner quelques idées reçues. J'ai ainsi appris que le gingembre n'est pas aphrodisiaque, mais aussi que l'orange ne contient pas des quantités astronomiques de vitamine C, ou que les épinards ne sont pas exceptionnellement riches en fer. Ce dernier exemple est assez amusant : les vertus supposées des épinards proviendraient d'une erreur de virgule (donc d'un facteur 10) dans une publication de 1870. Le mythe se serait ensuite enraciné avec... Popeye! Gardons-nous de sous-estimer les effets (sous-)culturels... De même, la croyance que l'orange contient beaucoup de vitamine C trouverait son origine dans le goût d'orange ajouté aux comprimés de pharmacie! Comme l'auteure le souligne à propos, des comprimés au goût de navet auraient peut-être moins de succès, alors que le triste légume contient deux fois plus de vitamine C que le dynamique agrume.
Bien d'autres sujets valent le détour, je vous laisse les découvrir. En attendant, je dédicace à Elifsu l'idée reçue que "les noix font grossir", et espère qu'elle sera heureuse d'apprendre que « manger 7 à 20g de noix par jour en plus de son alimentation normale n'aurait pas d'effet sur la silouhette, selon trois études de 2001, 2002 et 2005 ». Apparemment, les noix augmentent l'impression de satiété grâce à leurs fibres et acides gras polyinsaturés... c'est donc un mystère que l'on parvienne à s'enfiler 500g de noix fraîches en une journée.
Parmi les aspects moins positifs de ce livre, on pourrait citer le titre, racoleur, mais l'exemple d'un autre ouvrage (au demeurant excellent) m'a appris qu'il ne faut pas toujours en tenir rigueur à l'auteur. De plus, au fur et à mesure que l'on avance dans le livre, le style comme les sujets traités (cellulite, grossir, maigrir...) relèvent de plus en plus du magazine féminin, ce qui était somme toute prévisible. Enfin, si l'on s'attache aux détails ou aux controverses scientifiques, on pourra regretter un certain manque de profondeur, ainsi que l'absence de mention des sources au fil du texte.
Ceci m'amène à parler un peu de l'auteure, « diététicienne et exploitante en agriculture biologique » selon la quatrième de couverture. Soit dit en passant, un diététicien est un professionnel de la santé reconnu par un diplôme d'état (au contraire d'un nutritionniste, appellation non contrôlée), mais n'est pas un médecin. Cela explique sans doute la présence de l'idée reçue "seuls les médecins nutritionnistes peuvent parler de nutrition", dont le but est de rétablir la place des chimistes et des biochimistes dans les avancées de cette discipline. Enfin, son avis sur les mérites des produits bio pour la santé est à peu près nuancé (c'est-à-dire peu ou pas d'avantage nutritionnel), ce que je salue bien bas, étant donné l'évident conflit d'intérêt.
Pendant que personne ne lit, je vais aller braconner un peu sur les terres mathématiques. Plus jeune (je suis toujours jeune, mais moins) j'ai eu du mal à mémoriser la formule pour la somme des n premiers entiers: 1+2+3+...+n. Marqué au fer rouge, je me rappelle que cette somme vaut n(n+1)/2, et qu'elle se démontre par récurrence. Le problème de la démonstration par récurrence, c'est qu'il faut déjà savoir ce que l'on cherche. Comment je fais, moi, si j'oublie la formule magique, et si un complot me renvoie sur les bancs de l'école? Heureusement, j'ai découvert une solution très simple dans "la formule préférée du professeur", un roman japonais mettant en scène une jeune femme et son fils qui partent à la découverte des mathématiques avec un vieux professeur privé de mémoire à long terme (un ressort classique dans les films comme dans les romans).
Imaginons une pile d'oranges, ou plutôt de goyaves: une tout en haut, deux en dessous, puis trois, puis quatre... Si la pile fait n étages, le nombre de fruits qu'elle contient est la somme des n premiers entiers. Je représente ci-dessous quatre étages de goyaves (en rouge), ce qui nous fait 1+2+3+4=10 fruits. A partir de cette représentation, comment déduire la formule qui donne le nombre de goyaves en fonction du nombre de rangées (n)?
L'astuce, c'est d'imaginer les goyaves qui manquent pour dessiner un carré (ici en rouge pâle). Ce carré, qui a pour côté n (goyaves), a donc pour aire n² (goyaves carrées). Si on le coupe en deux par la diagonale (trait noir), on obtient un triangle qui contient n²/2 goyaves, mais il nous manque la moitié des goyaves de la pile du bas qui font pourtant partie de la somme recherchée. On rajoute donc n/2 pour obtenir le nombre de goyaves de la pile, pardon, la somme des n premiers entiers, qui fait bien n²/2 + n/2 = (n²+n)/2 = n(n+1)/2.
Pour commencer en douceur, je vous invite à lire cette longue citation tirée d'un ouvrage de fiction:
"We've got to be careful here, [Interlocuteur]. You ever listened to anybody from the Institute for Creation Research? They spout absolute gibberish about the origin of life, but you can see people in the audience nodding their heads and agreeing with them -- the creationists say the scientists don't know what they're talking about, and they're right, half the time we don't. We open our mouths too early, all in some desperate bid for primacy, for credit. But every time we're wrong -- every time we say we've made a breakthrough in the fight for a cure for cancer or we've solved a fundamental mystery of the universe and then have to turn around a week or a year or a decade later and say, oops!, we were wrong, we didn't check our facts, we didn't know what we were talking about -- every time that happens we give a boost to the astrologers and creationists and New Agers and all the other ripoff artists and charlatans and just plain nut cases. We are scientists, [Interlocuteur] -- we're supposed to be the last bastion of rational thought, of verifiable, reproducible, irrefutable proof, and yet we're our own worst enemies."
Première étape, le bacterioquizz: saurez-vous me donner le titre de l'ouvrage duquel est tiré cet extrait? C'est un peu difficile, je vous donne un indice: les scientifiques qui discutent ici travaillent au CERN. On appréciera tout de même la mention des créationnistes, sur ce blog l'évolution n'est jamais très loin.
Sur le fond, le jugement porté sur les scientifiques est bien sûr un peu sévère, pour les besoins de l'intrigue, mais regardons-y de plus près. Sans quitter mon bureau, je peux citer mon exemplaire de La Recherche du mois de septembre, où il est question d'astrophysique: "l'annonce bien orchestrée [...] avait fait grand bruit. Comme La Recherche vous l'a relaté au printemps dernier, le soufflé est un peu retombé , les données n'étant pas suffisantes statistiquement pour établir la découverte". En recopiant ce passage, je m'aperçois que j'ai bien fait de mentionner la discipline, tant ces faits sont monnaie courante dans tous les domaines. En l'occurrence, on appréciera le rôle modérateur de La Recherche, mais force est de constater que les media peuvent avoir leur part dans de tels "soufflés", comme s'en amuse Jorge Cham (bonus sur SMBC comic). C'est ainsi que Craig Venter a été le "premier à recréer la vie en laboratoire"... à trois reprises!
Admettons que certains chercheurs s'écartent parfois de la rigueur et de l'intégrité qui -en principe- caractérise leur activité. Malheureusement, il ne suffit pas d'être scientifique de métier pour devenir un modèle d'objectivité, comme l'illustre l'histoire de la découverte des rayons N par René Blondlot au début du siècle dernier. Probablement de bonne foi, ce respectable physicien "reproduisit" l'observation de ces rayons, en présence de son confrère et contradicteur Robert Wood... qui avait au préalable saboté le dispositif expérimental. Il n'y a pas plus de rayons N que de beurre en broche, et il faudra attendre un petit moment avant que la ville de Nancy ne donne pour de bon son initiale à un rayonnement.
Oui, les chercheurs peuvent en faire trop, allez trop vite, ne pas vérifier leurs résultats autant de fois qu'ils le devraient, ou encore exagérer dans la promotion de leurs découvertes. Si on laisse de côté l'intéressante question des conséquences (évoquées dans la citation ci-dessus), les causes de ces "manquements à l'esprit scientifique" peuvent relever de la satisfaction de l'égo, des intérêts particuliers... ou même de l'habitude.
Mais il y a une autre raison, tout aussi humaine, mais qui à mes yeux rachète les autres: l'enthousiasme. Les chercheurs ne sont pas des machines rigoureusement objectives, et après tout, tant mieux. Leur passion, si elle peut parfois éloigner de la stricte objectivité scientifique, est ce qui rend la recherche si vivante et si humaine. A ce propos, j'aime bien cette touchante anecdote que m'a narrée un de ses témoins, non sans émotion. Elle concerne Jacques Monod, fameux chercheur qui en étudiant la régulation de l'opéron lactose fut le premier à montrer que l'expression des gènes pouvait changer en fonction des paramètres du milieu (et obtint le prix Nobel en 1965 avec François Jacob et André Lwoff). Quelques années après cette découverte majeure, il devait montrer que dans le cas de certaines enzymes, la reconnaissance d'une molécule induisait un changement de conformation qui modifiait ses propriétés catalytiques. Ce modèle dit allostérique fournissait une explication élégante à l'apparente adaptation des protéines à leur environnement, particulièrement pertinente dans le cas de l'hémoglobine, par exemple. Un beau jour, on vit ainsi Jacques Monod entrer dans le laboratoire de son équipe, sortir la bouteille de whisky du laboratoire*, s'en servir une bonne lampée ("it's not very scientific, but it helps", disait ce bon vieux Fleming), avant de déclarer: "les enfants... j'ai découvert le deuxième mystère de la vie!".
* dans mon labo de thèse était cachée une bouteille de rhum pour ces occasions, pas toujours aussi révolutionnaires
Dans un article publié aujourd’hui dans Nature, des scientifiques nous apprennent que l'intestin des Japonais renferme des bactéries adaptées à la digestion des sushis!
On ne va pas feindre de s’en étonner outre mesure, puisque l’on sait au moins depuis les travaux de Gordon que l’obésité modifie la composition de la flore digestive, qui influe en retour sur l'utilisation des nutriments, et donc sur l’obésité. Nous avons également vu dans ces pages que l’activité métabolique de la flore digestive (mais pas forcément la composition de la flore elle-même) était influencée par la consommation de chocolat.
Détail amusant, ces travaux au petit goût si exotique ont été réalisés pas si loin d’ici, où l’on étudie les bactéries en bord de mer: la station de biologie marine de Roscoff! On attend donc avec impatience leurs travaux sur les bactéries spécialisées dans la digestion du homard, du beurre salé et des crêpes…
L’histoire de cette découverte mérite tout de même qu’on s’y attarde: les chercheurs ont commencé par rechercher les enzymes (donc les gènes encodant ceux-ci) impliqués dans la dégradation des polysaccharides des algues, du classique. Après avoir obtenu des séquences de gènes et des protéines correspondantes, ils les ont tout naturellement comparées aux bases de données existantes. Sans surprise, ces séquences ont été retrouvées dans des bactéries marines, elles aussi susceptibles de mettre des algues à leur menu… et dans un isolat d’intestin humain, Bacteroides plebeius, issu d’un individu japonais (le genre Bacteroides est fortement représenté dans la flore digestive). Subodorant une relation de cause à effet, nos scientifiques ont ensuite recherché le gène de leur enzyme dans les « microbiomes » intestinaux de 13 Japonais et 18 Américains (et pourquoi pas de Bretons, très nombreux sur place ?), et l’ont détecté chez 5 individus du premier groupe seulement. La conclusion qui s’impose alors, tempérée par les petits nombres d’échantillons, est que les Japonais possèdent des bactéries qui leur confèrent la capacité de digérer certains polysaccharides des algues, probablement parce qu’ils en mangent eux-mêmes. En effet, les Japonais consommant régulièrement des algues (14g par jour selon l’article), en particulier par le biais des sushis ; il existe donc une pression évolutive non négligeable (à mon avis, davantage pour les bactéries que pour les humains) pour l’exploitation de cette ressource. Les auteurs supposent que ces gènes ont été importés dans le tube digestif par le biais des algues elle-mêmes, en général consommées crues, où ils furent intégrés par les bactéries de la flore digestive proprement dite, déjà richement dotées en enzymes de dégradation des polysaccharides, qui devinrent alors capables de digérer les algues, pour leur bénéfice et celui de leur hôte.
De ces travaux, on retiendra donc l’influence de la culture (alimentaire) sur la composition ou plutôt les fonctions de la flore digestive, et un bel exemple de coévolution où une bactérie intestinale s’est probablement « procuré » des gènes de bactérie marine pour s’adapter au régime alimentaire de son hôte (à moins que ce ne soit le régime qui s’adapte aux bactéries commensales!).
N’oublions pas non plus la petite part de chance qui a permis, un peu par hasard, qu’existe dans les bases de données l’unique séquence qui a mené à ce résultat…
L'épidémie naissante de grippe A a donné lieu à une campagne de vaccination suivie avec assez peu d'enthousiasme par la population française. Nos quotidiens ont
mené leur enquête sur les raisons qui motivaient la décision de se faire vacciner ou non, et les résultats sont prodigieusement intéressants. Je vous propose donc de passer en revue quelques arguments avec vous,
pas forcément pertinents, mais étonnamment variés pour une décision d'ordre médical. Si ces arguments étaient vôtres, que ces quelques lignes vous fassent changer d'avis ou non, je vous
invite à partager vos réactions en commentaire.
Il faut tout d'abord tordre le cou à deux ou trois légendes urbaines au sujet des vaccins, toutes fausses:"le vaccin contre
l'hépatite B provoque la sclérose en plaque", "le BCG inocule la tuberculose qu'il est censé combattre" (en réalité une tragique erreur médicale dans les années 30), "le SIDA a été transmis par
certains vaccins"... Ces billevesées sont colportées par une mouvance anti-vaccin qui étrangement est très marquée en France, le pays où le nom le plus commun pour une rue est "Pasteur"! Un
vaccin n'est pas une panacée, il comporte des effets secondaires, mais les thèses mentionnées ci-dessus ont été clairement infirmées.
"Mon médecin traitant me l'a déconseillé et/ou ne se fera pas vacciner"
Vaste sujet! On pourrait commencer par remarquer que dans ce cas précis la légitimité que l'on accorde au médecin traitant est censée provenir du savoir inhérent à sa
profession, non de sa seule proximité avec ses patients. Bref, il est médecin, il a fait des études, en plus il me connaît, je lui fais confiance. Mais ce faisant, on refuse
d'accorder la même confiance aux spécialistes de virologie ou d'épidémiologie, qui sont eux aussi médecins (ou scientifiques), et plutôt plus pertinents car spécialisés (voir chez Tom Roud
le difficile statut d'expert)! Peut-être que vous pouvez m'éclairer, car je ne vois pas pourquoi rationnellement on
devrait croire "son" médecin plutôt qu'un autre.
Ensuite, un médecin n'est pas forcément un modèle, même en matière de santé. Par exemple, mon médecin traitant est fumeur, et vous savez que la nocivité du tabac n'est plus à démontrer (si
vous croyez que le vaccin est dangereux et le tabac non, votre cas est intéressant, probablement éphémère). Il ne me recommanderait sûrement pas de me mettre à fumer! Qu'un médecin refuse le
vaccin ne me paraît donc pas une raison suffisante pour arrêter de réfléchir de son côté.
Par ailleurs, les médecins généralistes et les pédiatres, même bien disposés à l'égard du vaccin, sont exclus du dispositif de vaccination ce qui ne met pas leurs patients en confiance...
"Ce n'est qu'un moyen de plus pour enrichir les firmes pharmaceutiques"
C'est triste, mais l'eau et la nourriture (plus vital encore: Internet) sont également aux mains du grand capital. En langage marketing, créer de la valeur c'est rendre un service au
client; ce n'est pas parce qu'un produit est payant qu'il est inutile.
"Je ne me ferai pas vacciner par défiance vis-à-vis du gouvernement" (authentique)
Que dire? Mon propos n'est pas de défendre la vaccination à tout crin, mais prendre une décision relative à sa propre santé en fonction des politiques, c'est leur accorder beaucoup trop
d'importance!
"Le vaccin fera plus de morts que la grippe A / on sait que la grippe "normale" fera plus de morts que la grippe A" (authentique)
Si vous avez des certitudes pareilles, j'admire votre aplomb! Pour ma part, je serai bien incapable d'abitrer ainsi entre les deux grippes! Selon les dernières estimations, la grippe A aurait infecté 22 millions de personnes aux USA depuis avril, faisant environ 3900 morts. Le bilan français
n'est pas anodin, avec 43 morts (dont 32 de moins de 65 ans, et 3 sans facteur de risque). Il faudra faire les comptes après le match retour, c'est-à-dire l'épidémie de grippe saisonnière. En ce
qui concerne le vaccin, crois plus probable qu'il réduise les risques plutôt que de les augmenter.
"Et le syndrome de Guillain Barré, alors?"
En ce qui concerne le vaccin, 100 000 personnels de santé ont été vaccinés en France, avec à ce jour quatre cas de complications "sérieuses" relevés, cette atteinte neurologique d'origine
auto-immune. Pour l'instant (et on souhaite que ça dure), il s'agitessentiellement de "fourmillements", mais dans les médias, ces fourmilllements deviennent une véritable dans de Saint-Guy!
Si ce syndrome vous effraie, sachez qu'il peut effectivement être induit par un vaccin contre la grippe, mais aussi... par la grippe elle-même, et, semble-t-il, encore plus fréquemment. Ni l'un
ni l'autre ne sont étonnants lorsque l'on considère que le syndrome de Guillain Barré peut être provoqué par une infection bactérienne ou virale.
Pour finir, je me garderai bien d'affirmer que le vaccin contre la grippe A est parfaitement dépourvu d'effets secondaires. Ce serait stupide, je n'en sais rien, et pour tout vous dire, c'est peu
probable. Le principe d'un vaccin, c'est quand même un produit unique à une dose unique qui doit provoquer une radicale réaction du système immunitaire chez des millions de personnes, toutes
différentes!
Au sujet de la décision finale, Antoine a déniché un très bon billet qui vous apprendra que les risques étant infimes dans les deux cas, se faire vacciner ou non contre la grippe A devrait procéder des mêmes raisons que se faire vacciner ou
non contre la grippe saisonnière. En effet, la grippe A serait en substance une grippe saisonnière qui s'est faite oublier, ce qui explique qu'elle affecte plus les jeunes que les
personnes âgées. J'irai toutefois un peu au-delà des conclusions de l'auteur, en considérant qu'en raison de cette naïveté (au sens immunologique du terme) d'une grande partie de la
population, le nombre potentiel de malades (donc de décès) est plus important que pour une grippe saisonnière, et les personnes susceptibles sont plus jeunes. Je m'étonne aussi que personne
n'évoque le risque de recombinaison avec la grippe saisonnière, qui à mon avis pourrait rendre obsolètes les vaccins disponibles cette année.
Vous l'aurez deviné, je pencherais plutôt en faveur de la vaccination, sans toutefois tomber dans la psychose. Je reconnais toutefois qu'il existe des raisons valables de refuser ce vaccin, en
particulier les possibles effets secondaires (inhérents au vaccin ou provoqués par les adjuvants)... tout comme il existe des raisons non valables.
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