Chacun croit décider de ses actes et a probablement raison. Malheureusement, le libre arbitre est indémontrable. Faites quelque chose, n'importe quoi. Voila. Vous avez probablement levé le bras, esquissé un geste quelconque ; aviez-vous vraiment fait un choix, ou était-ce un réflexe? N'existe-t-il pas une suite de causes qui vous fait lever le bras gauche plutôt que le droit?
Il est quand même raisonnable d'admettre que nous ne sommes pas les marionnettes des évènements extérieurs (mais sans doute plus que nous le pensons).
Torturons-nous un peu l'esprit : on juge un criminel pour quelque crime horrible ; ce n'est pas un accident, les procureurs présument que son acte était volontaire. Si l'on appelle un neurolobiologiste à la barre, il expliquera a un jury incrédule que le geste qui a dirigé l'arme trouvait sa cause dans la transmission d'information d'un neurone à l'autre, et donc ultimement dans une réaction chimique (au passage, il serait instructif de localiser cette réaction et le neurone fautif). Or, les réactions chimiques ont a priori quelque chose de déterministe, elles sont inéluctables. Comment voir le choix délibéré là-dedans?
Je n'affirme pas qu'il n'existe pas de libre arbitre, seulement qu'il est difficile de le concevoir d'un point de vue moléculaire et réductionniste ; certainement, la conscience et le libre arbitre sont des produits d'émergence... ça me fait bizarre de me dire que la liberté sacrée à nos yeux provient de l'assemblage de modules élémentaires. Bien mieux, la volonté humaine (et même animale) a un pouvoir certain sur des réactions chimiques! (il y a comme une circularité... décidément, cette "conscience", ce n'est pas pratique)
Sur ce, je vais essayer de modifier de l'ADN par la seule force de mon esprit.
Par Benjamin
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Nous avons discuté dans ces pages du niveau de conscience nécessaire à un éléphant pour imiter le langage humain, assurément élevé par rapport à une paramécie. D'après de récents travaux, l'éléphant est capable de se reconnaître dans un miroir, et intègre ainsi un club très fermé où l'on trouve le dauphin, le singe et bien sûr l'homme (mais pas les raëliens, qui eux s'obstinent à voir dans le miroir un gros rat de laboratoire naïf sur deux pattes).
Intuitivement, il faut pour reconnaître son image une certaine conscience de soi, que la manifestation de cette reconnaissance soit consciente (pas comme une réaction immunitaire par exemple), et peut-être enfin une bonne vue. C'est vrai : on ne saura peut-être jamais quel niveau de conscience possède la taupe avec un test pareil!
C'est dommage pour la taupe, mais le fait est que ce test présente un intérêt certain : si dans la nature les animaux peuvent se sentir ou s'entendre eux-mêmes, jamais ils ne se voient comme ils voient les autres, car il n'y a pas de miroir dans la nature (sauf pour Narcisse dans les Métamorphoses d'Ovide). Il faut donc que l'éléphant se fasse une image, une idée de lui-même. C'est bien plus que la simple mémoire qu'on leur prête proverbialement! Il me semble que les nouveaux nés humains ne peuvent se reconnaître dans un miroir avant un certain âge ; si tel est le cas, il pourrait être extrêment intéressant de traquer les évènements neurologiques qui nous propulsent vers un niveau de conscience supérieur. Intéressant, mais ça pose des problèmes au moment de la dissection.
Par Benjamin
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Mercredi 13 décembre 2006
Regardez absolument cette video ; j'ai reçu ce lien par trois relations indépendantes, elle est en passe de devenir célèbre... Elle résulte de la coopération entre un animateur professionel, John Liebler du studio Xvivo et de deux chercheurs du département de Biologie moléculaire et cellulaire de l'université d'Harvard, Alain Viel et Robert Lue.Je résume pour les profanes relatifs : dans un vaisseau sanguin, un phagocyte rencontre un signal inquiétant... Aussitôt, la machinerie cellulaire se met en route : le cytosquelette d'actine et de microtubules est remanié, des gènes sont exprimés pour aboutir à la production de protéines, une réponse qui résulte notamment en une émission de signaux protéiques et en une modification de la forme de la cellule qui lui permet de se glisser entre les cellules du vaisseau (on parle de diapédèse) pour aller courageusement combattre des bactéries par exemple.Ce qui est bien : dans l'ensemble, c'est très joli, lyrique, et scientifiquement exact ou presque (sauf ce qui relève des contraintes, voir plus bas). Vous avez bien sûr reconnu la dynéine, cette protéine qui marche sur le microtubule en tirant la vésicule, le processus de traduction, les remaniements du cytosquelette, les membranes avec leur fluidité... tout ces phénomènes sont bien décrits. La vidéo montre également des phénomènes découverts assez récemment, comme les radeaux lipidiques (ou rafts) de la membrane et la circularisation de l'ARN messager (ces filaments qui sortent du noyau). Ce qui est moins bien : il n'y en a qu'une! Je ne pense pas en voir une aussi complète sur les bactéries avant longtemps... De plus, il manque tout un pan de la vie de la cellule, à savoir ce qui se passe à l'intérieur du noyau. Dans le cas du phagocyte, qui ne se divise pas, on verrait par exemple la synthèse du ribosome et l'expression induite des gènes. Dernière petite critique : tout est un peu trop géométrique et ordonné, ce qui tient probablement à la réalisation de l'animation elle-même (voir plus bas).Enfin, un film d'animation ne peut représenter parfaitement les phénomènes à l'oeuvre dans une cellules à l'echelle moléculaire. Par exemple, il est très difficile de rendre le mouvement brownien des protéines et leur rencontre aléatoire (probablement, la dynéine ne "marche" pas de manière aussi décidée), ou encore la consommation d'énergie par le ribosome ou la dynéine. Peut-être pour une prochaine vidéo au spectre moins large? Bref, si l'on garde ces petits concepts à l'esprit, cette vidéo peut devenir un support d'enseignement très utile.
Par Benjamin
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