Mardi 15 juillet 2 15 /07 /Juil 18:19
Retour sur la planète Mars, cette fois-ci un peu plus sérieusement, c'est promis. Après avoir remarqué quelques détails amusants de sa surface, adoptons cette fois-ci une vue d'ensemble de la planète, en déroulant le planisphère martien:


Un détail saute aux yeux, non? Il semble que l'hémisphère Nord soit beaucoup plus lisse, moins abimé que l'hémisphère Sud, qui comporte beaucoup plus de cratères. Gardons les pieds sur terre, heu, sur Mars: il n'existe pas de peeling planétaire. Mais alors, pourquoi y a-t-il plus de cratères, c'est-à-dire d'impacts de météorites visibes, sur une bonne moitié de Mars? Première hypothèse: parce qu'il y a eu plus de météorites à cet endroit, "et pis c'est tout". Avouez que sans autre bonne raison, cela semble assez improbable. Deuxième hypothèse: si l'on admet que le bombardement céleste est assez constant sur toute la surface de la planète, même si son intensité fluctue au cours du temps (en réalité elle diminue car il y a de moins en moins d'astéroïdes dans le système solaire), une surface avec moins de cratères est tout simplement plus jeune ; les cratères sont donc un peu les rides des planètes!

Mais alors, pourquoi la partie nord de la surface Mars serait-elle plus récente que la partie sud? Parce qu'elle a été renouvelée plus récemment par une activité magmatique dans cette région. Cette hypothèse d'une croûte martienne plus jeune dans la partie nord de la planète est confirmée par l'observation qu'elle est à cet endroit non seulement plus lisse, plus basse mais aussi plus fine. Mais pourquoi? Nous voilà bien avancés, une fois que nous avons répondu à une question par une autre!
Il existe deux explications à ce magmatisme récent et à sa localisation : soit une cause endogène, la forme de la convection dans le manteau de Mars, soit une cause exogène: l'impact d'un astéroïde géant dont l'énergie aurait liquéfié une partie de la planète!

Cette dernière théorie est l'objet d'un
article publié dans Nature le 26 juin 2008, qui inspira d'ailleurs la couverture de la prestigieuse revue. Comme ce genre de phénomène est difficilement reproductible en laboratoire, les auteurs ont eu recours à la modélisation, combinant mécanique et thermodynamique dans un modèle 3D de Mars avec sa composition minéralogique. Ils ont ainsi montré qu'il existe des valeurs d'angle d'impact, de vitesse et d'énergie (l'énergie étant elle-même une fonction de la masse et de la vitesse) du bolide, telles que seule une partie de la planète serait entrée en fusion. L'existence de telles conditions n'était pas certaine: si Mars avait été différente, un astéroïde géant aurait pu la pulvériser avant même de pouvoir provoquer la fusion de sa surface. Pour finir, les auteurs concluent qu'au moment où 'impact s'est produit, des astéroïdes de la taille requise (autour de 2000 kilomètres de diamètre!)  rôdaient à l'époque dans le système solaire, alors même que le Nord de Mars présente des caractéristiques de cratère d'impact.


Je ne saurais dire si la thèse du "méga-impact" gagne du terrain face à la thèse du "magmatisme à causes endogènes", mais c'est l'avis des auteurs. Je ne sais pas à quel point cet évènement, certainement spectaculaire au demeurant, est probable, mais à la lecture de ces travaux il paraît au moins possible. Si vous avez un avis sur la question, je vous en prie, faites m'en part en commentaire ; de mon côté, je retourne à ma planète et à mes objets préférés, environ un million de fois plus petits que celui dont il était question aujourd'hui.
Par Benjamin - Publié dans : Divers Sciences
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