Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog des Bactéries et de l'Evolution

A Boston comme à New York, soyez écologiques, buvez du Bordeaux

11 Janvier 2008 , Rédigé par Benjamin Publié dans #Environnement

Avez-vous une idée de ce que représente cette ligne qui partage les Etats-Unis? Il s'agit de la limite (approximative) à l'est de laquelle l'achat d'une bouteille de vin de Bordeaux représente moins d'émission de CO2 que le vin Californien. En d'autres termes, si vous vivez dans l'Est des Etats Unis, que vous aimez le vin et vous préoccupez du changement climatique, dédaignez le vin californien pour un vin français. En plus, il est meilleur (qu'ouïs-je? moi, chauvin?).

USA.jpg

Vous pouvez trouver l'étude originale ici (il ne s'agit pas à propement parler d'un article scientifique peer-reviewed). Les deux auteurs (dont un blogueur) ont évalué les quantités de CO2 émises lors de la vie d'une bouteille de vin, et se sont donc concentrés sur les causes directes d'émission de
CO2: culture, fermentation et transport, sans oublier la fabrication des barriques, des bouteilles... L'exercice est assez subtil: par exemple, la photosynthèse de la vigne recapture l'équivalent du CO2 émis par la fermentation lors de l'année précédente; les sols des vignobles californiens étaient auparavant recouverts de forêts, et sont donc susceptibles de relâcher dans l'atmosphère le CO2 qu'ils ne peuvent plus séquestrer... Mais le facteur le plus important reste le transport. Armés de valeurs de référence pour chaque mode de transport (apparemment spécifiques aux USA, compte tenu des importantes émissions des trains), les auteurs ont chiffré les émissions dues à la distribution de différents vins ayant Chicago pour destination. Ainsi, une bouteille de chardonnay produite en Nouvelles Galles du Sud (Australie) "pèse" 3,44 kg de CO2, dont 2 kg pour le transport; un vin de Loire, 2,12 kg; un vin californien, 4,6 kg! C'est là que quelque chose me chiffonne. D'après les auteurs, ce dernier vin (le seul des trois à correspondre à un cas hypothétique) rentre dans un créneau commercial qui consiste à l'expédier en express par avion, ce qui ne me paraît pas obligatoire tout en étant très pénalisant environnementalement. Quoiqu'il en soit, si le même vin est expédié par camion à New York, il aura émis 2,6 kg de CO2, contre 1,8 kg pour un Bordeaux arrivé par bateau.

Pour finir, deux petites remarques tirée de l'article:
-plus le contenant est gros, moins le transport émet de CO
2 par litre de vin. N'achetez donc pas de demi-bouteilles, préférez les magnums!
-en viticulture, la différence entre culture conventionnelle et culture biologique est minime du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, contrairement aux grandes cultures.

Pour être honnête, l'idéal reste tout de même de se fournir chez un producteur local (s'il existe), de même qu'en France la consommation de fruits tropicaux est écologiquement déraisonnable. Pour être vraiment très honnête, l'idéal c'est boire de l'eau et manger de l'herbe. Sans moi.


Tout ceci peut vous sembler peu digne d'intérêt, mais ce travail représente à mon avis un bon exemple d'une pratique qui tend à se répandre, le calcul du "bilan carbone" d'un produit, ou encore de son "empreinte écologique". De plus en plus soucieux de l'environnement, les occidentaux deviennent friands de ces bilans qui leur indiquent comment consommer "vert". Je suis convaincu que même à consommation égale (ce qui n'est pas l'idéal écologique), ce genre d'information peut faire une différence appréciable dans notre impact sur l'environnement. Et comme le montre l'exemple du vin aux Etats Unis, les résultats de ces bilans sont parfois contre-intuitifs...

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Jean 15/05/2008 00:56

Je vendrais mon âme pour un bon Vin de Bordeaux

Benjamin 13/01/2008 15:58

Merci! L'exemple de l'agneau est repris dans l'article dont il était question ici: apparemment, un agneau élevé de manière conventionnelle en Angleterre aurait une empreinte écologique plus importante qu'un agneau "bio" importé de Nouvelle Zélande. La référence originale de ce calcul (réalisé par des néo-zélandais) est diponible ici: http://dspace.lincoln.ac.nz/dspace/bitstream/10182/144/1/aeru_rr_297.pdf et voici la phrase originale: "The results of that analysis showed that NZ was more energy efficient in the production of dairy, apples, onions and lamb even including shipping cost to the UK."

Sébi 12/01/2008 19:17

Alors j'ai vu/lu quelque part que faire venir en France un agneau de Nouvelle-Zélande émettait moins de CO2 que de faire venir un agneau d'Allemagne (ou d'un autre pays d'Europe, je sais plus). Est-ce vrai ?
Sinon bravo pour ce blog, j'adore.

fed 12/01/2008 16:22

enfin quelqu'un qui admet que l'herbe c'est ecologique!enfin suivant le mode de consommation, la quantite de CO2 emise n'est pas la meme..:)quoiqu'il n'est pas sur que manger emette moins, sachant qu'en plus du c..a et des quantites minimissimmes de carbone integrees a notre carcasse, une grande partie part en CO2 expiré ou en gaz de chaines carbonées...encore une fois ce n'est pas forcement intuitif, les gens pensent toujours a la combustion du carbone mais peu aux autres mecanismes physico-cimiques (comme la retention de carbone par les terres californiennes par ex).A+